La ville de Ksar El Kébir traverse une phase critique alors que les inondations continuent de s’étendre rapidement. D’après des témoignages concordants recueillis auprès de sources locales, le niveau des eaux ne cesse de progresser depuis le début de la journée, accentuant l’état d’alerte dans l’ensemble de l’agglomération.
Plusieurs quartiers, dont Azzabi Rifaï et Al Marina, figurent parmi les zones les plus exposées. Dans ces secteurs, l’eau a atteint des niveaux alarmants et poursuit sa montée. Cette situation s’explique principalement par les importants volumes d’eau relâchés depuis le barrage Oued El Makhazine vers l’oued Loukkos, déjà fortement alimenté par les apports hydriques provenant des provinces situées en amont.
Selon les mêmes sources, la ville se retrouve quasiment cernée par les eaux. À la montée des crues s’ajoute l’engorgement total des réseaux d’assainissement, devenus incapables d’évacuer les flux en raison du niveau élevé de l’oued Loukkos. Dans les zones les plus basses, cette pression hydraulique provoque des refoulements, aggravant encore les inondations urbaines.
Une situation appelée à s’aggraver
Les données recueillies sur le terrain indiquent que la tendance demeure résolument à la hausse. Les conditions météorologiques défavorables dans les bassins versants de la région laissent craindre une intensification du phénomène. Les pluies récentes, nettement supérieures aux normales saisonnières, ont saturé les sols et accéléré l’écoulement des eaux vers les cours d’eau.
Par ailleurs, le barrage Oued El Makhazine serait entré dans une phase de gestion critique, nécessitant l’évacuation continue des excédents. Les débits libérés seraient particulièrement importants, illustrant la pression considérable exercée sur l’ouvrage et sur l’ensemble du système hydraulique en aval.
Une ville presque isolée
Sur le plan des déplacements, Ksar El Kébir se trouve désormais proche de l’isolement total. Une seule route resterait encore accessible, en direction de la zone de Tatoft, située sur un point plus élevé. C’est dans ce périmètre que sont regroupés les dispositifs de coordination, les responsables de la gestion de crise ainsi que les équipes de secours mobilisées pour les opérations d’évacuation et d’assistance.
Ces opérations ont largement progressé, la majorité des habitants des quartiers menacés ayant quitté leurs logements. Toutefois, plusieurs centaines de personnes auraient choisi de rester sur place, malgré les mises en garde répétées des autorités.
La situation humanitaire se complique également avec l’interruption de services essentiels, notamment l’eau potable et l’électricité dans plusieurs zones touchées. Les acteurs locaux alertent sur les dangers encourus par les habitants qui refusent l’évacuation, soulignant que toute nouvelle hausse du niveau des eaux pourrait avoir des conséquences graves sur leur sécurité.
Dans ce climat d’extrême vigilance, les autorités maintiennent une surveillance étroite et poursuivent les interventions sur le terrain, tandis que Ksar El Kébir fait face à des heures décisives.


