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Or : les consommateurs marocains profitent de la baisse des prix

À l’échelle nationale, où les prix de l’or suivent fidèlement les fluctuations des marchés internationaux avant d’être convertis en dirhams par Bank Al-Maghrib, le 18 carats n’a pas échappé à cette tendance baissière. Pour les consommateurs marocains, cette diminution représente une occasion rare. En pleine saison des mariages, qui s’étend généralement d’avril à août, l’or conserve une place centrale dans les traditions. Dès que les tarifs reculent, de nombreuses familles en profitent pour acheter bijoux et parures destinés au trousseau.

Chez les artisans bijoutiers, l’ambiance est toutefois plus nuancée. Beaucoup redoutent les conséquences d’une baisse rapide des cours sur leurs activités. Les stocks achetés lorsque l’or était plus cher deviennent difficiles à écouler sans réduire fortement les marges. Certains préfèrent ainsi ralentir leurs ventes plutôt que de commercialiser leurs créations à perte.

Dans un contexte où une partie des épargnants marocains reste méfiante vis-à-vis des placements financiers classiques, l’or continue d’être perçu comme une valeur refuge incontournable. Si la baisse actuelle attire de nouveaux acheteurs, elle inquiète aussi ceux qui détiennent déjà ce métal précieux et voient, au moins temporairement, la valeur de leur patrimoine diminuer.

En parallèle, l’Office des changes surveille attentivement l’évolution du marché. L’importation d’or brut au Maroc étant strictement réglementée et réservée à quelques opérateurs agréés, le secteur demeure relativement protégé contre les excès spéculatifs. Cette réglementation limite cependant la capacité du marché local à réagir rapidement aux variations internationales.

Dans les souks comme dans les bijouteries modernes, une interrogation domine désormais : cette baisse n’est-elle qu’un simple ajustement passager ou annonce-t-elle le début d’un cycle baissier plus durable ? Les spécialistes appellent à la prudence, rappelant que les tensions géopolitiques et la forte demande des banques centrales continuent de soutenir le marché mondial de l’or. En attendant, des quartiers commerçants de Casablanca aux vitrines raffinées de Rabat, l’activité reprend doucement. Car au Maroc, l’or dépasse largement sa valeur marchande : il reste un symbole de tradition, de sécurité et d’attachement émotionnel.

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