Le secteur des cafés et restaurants, pilier de l’économie marocaine et marqué par une forte concurrence, fait l’objet d’un contrôle renforcé depuis le début de l’année. Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, a récemment présenté le bilan des six derniers mois.
En réponse à une question écrite du groupe du Mouvement populaire à la Chambre des représentants, le ministre a précisé que sur 12 188 visites effectuées par l’Inspection du travail tous secteurs confondus, 1 717 ont concerné spécifiquement des établissements de restauration.
Ces contrôles ont mis en évidence l’ampleur des irrégularités persistantes dans la profession. Le bilan semestriel fait état de près de 14 000 observations, ayant donné lieu à 258 infractions et 97 délits relevés, ainsi qu’à l’établissement de 39 procès-verbaux à l’encontre des contrevenants.
Les inspections inopinées ont notamment révélé d’importants manquements liés à la situation sociale des employés. Les inspecteurs ont relevé 4 243 observations relatives aux salaires et 1 883 concernant la protection sociale. À cela s’ajoutent 132 remarques portant sur l’hygiène et la sécurité au travail.
Le ministre a tenu à souligner que l’action de son département repose sur une approche graduelle. En cas d’irrégularité, les inspecteurs privilégient d’abord les observations et les avertissements, accordant des délais pour la mise en conformité. Les procès-verbaux, susceptibles d’entraîner des poursuites judiciaires, sont réservés aux cas les plus graves.
Au-delà de l’aspect répressif, l’objectif affiché est d’améliorer durablement les conditions de travail et d’aligner le cadre juridique national sur les standards internationaux, notamment les conventions 100 et 111 relatives à l’égalité de rémunération et à la non-discrimination.
Ce renforcement des contrôles intervient dans un contexte législatif évolutif. Le ministre a rappelé l’entrée en vigueur du décret n°2.24.1122, instaurant une hausse de 5 % du salaire minimum légal (SMIG) dans les activités non agricoles depuis le 1er janvier 2025, avec une nouvelle augmentation prévue début 2026.
Enfin, le ministère collabore étroitement avec la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) et le Ministère public afin de garantir l’efficacité du dispositif. Cette coordination permet un échange régulier d’informations sur les infractions constatées et les décisions judiciaires, renforçant ainsi l’application de la réglementation en vigueur.


