Alors que le tourisme mondial a enregistré une progression modérée de 2 % au premier trimestre 2026, le Maroc affiche des performances nettement supérieures à la moyenne internationale. Le Royaume a ainsi enregistré une hausse de 18 % des arrivées de touristes étrangers et une progression de 24 % des recettes touristiques, confirmant sa position parmi les destinations les plus dynamiques au monde.
Cette forte croissance s’explique d’abord par les fondamentaux solides de la destination Maroc. L’attractivité du pays continue de se renforcer grâce à une offre touristique diversifiée, une notoriété croissante sur les marchés internationaux et une amélioration constante de la connectivité aérienne avec l’Europe et d’autres régions du monde.
Cependant, les spécialistes du secteur soulignent également l’influence du contexte géopolitique international sur ces résultats. Selon les données publiées par l’ONU Tourisme, certaines destinations profitent actuellement d’un redéploiement des flux touristiques provoqué par les tensions et conflits observés dans plusieurs régions du monde.
Le conflit au Moyen-Orient a notamment eu un impact significatif sur les performances touristiques de cette région. En mars 2026, les arrivées internationales y ont chuté de 37 %, poussant une partie des voyageurs à revoir leurs projets de vacances. D’après les experts interrogés par l’organisation internationale, de nombreux touristes auraient privilégié des destinations offrant un environnement similaire en termes de climat et de proximité avec l’Europe, tout en présentant davantage de stabilité politique. Le Maroc figure parmi les principaux bénéficiaires de ce report de clientèle.
Au niveau mondial, près de 307 millions de touristes ont effectué un voyage international durant le premier trimestre 2026, soit environ 6 millions de plus qu’à la même période de l’année précédente. Après un début d’année dynamique, marqué par une croissance de 2 % en janvier et de 3 % en février, l’activité touristique mondiale a ralenti en mars avec une progression limitée à 0,4 %, principalement en raison des conséquences du conflit au Moyen-Orient.
L’Afrique a pour sa part enregistré une hausse globale de 4 % des arrivées touristiques au cours du trimestre. Cette progression s’est fortement accélérée en mars avec une croissance de 18 %, portée notamment par les excellentes performances de la Tunisie (+26 %) et du Maroc (+18 %).
Dans le même temps, certaines destinations dépendantes des connexions aériennes transitant par le Moyen-Orient ont subi des répercussions négatives. Les Seychelles ont ainsi enregistré une baisse de 37 % des arrivées en mars, tandis que Maurice, malgré une progression de 7 % sur l’ensemble du trimestre, n’a affiché qu’une croissance de 1 % au cours du même mois.
Le Moyen-Orient demeure la région la plus touchée par les tensions géopolitiques. Les arrivées touristiques y ont reculé de 14 % au premier trimestre. Toutefois, certaines destinations ont fait preuve de résilience, à l’image de l’Égypte qui a enregistré une hausse de 16 % de ses visiteurs internationaux.
L’enquête menée auprès du Panel d’experts de l’ONU Tourisme révèle que le conflit au Moyen-Orient, l’augmentation des coûts du transport et de l’hébergement ainsi que les incertitudes économiques figurent parmi les principaux défis auxquels le tourisme international est confronté en 2026.
Malgré ce contexte contrasté, le Maroc se distingue également par la progression remarquable de ses recettes touristiques. Avec une hausse de 24 %, le Royaume figure parmi les meilleures performances mondiales, derrière le Pakistan (+60 %), mais devant plusieurs destinations majeures telles que le Brésil, l’Allemagne ou encore l’Égypte.
Cette évolution reflète plusieurs atouts structurels. Le Maroc reste une destination compétitive pour les voyageurs européens grâce à un coût de séjour relativement abordable, une offre hôtelière adaptée à tous les segments de clientèle et une proximité géographique qui facilite les déplacements tout au long de l’année.
Par ailleurs, la hausse des recettes suggère une montée en gamme progressive de l’offre touristique nationale. Le développement du tourisme d’affaires, du tourisme haut de gamme et l’allongement de la durée moyenne des séjours contribuent à accroître les dépenses des visiteurs et à renforcer la valeur ajoutée du secteur.
Au-delà de l’effet conjoncturel lié au déplacement des flux touristiques internationaux, les résultats du premier trimestre 2026 confirment ainsi la capacité du Maroc à consolider durablement son attractivité et à s’imposer comme l’une des destinations les plus performantes du marché touristique mondial.


